Un parcours sonore et urbain à la découverte du patrimoine de Billancourt
Bien avant l’arrivée de Renault, la Seine et ses rives inspirent déjà les peintres, de Paul Huet aux impressionnistes, comme Alfred Sisley. Au XXe siècle, l’implantation des usines Renault change l’échelle et la vocation de l’île, sans rompre avec cette idée de création.
Dès les années 1960, l’entreprise Renault accueille des artistes et fonde le programme « Art et industrie ». C’est dans ce cadre-là que l’artiste Arman crée La victoire de Samothrace, une de ses œuvres les plus célèbres qu’il produit avec des portes de 4L.
À côté de la création officielle s’invente une autre histoire : celle des ouvriers, ouvrières, ingénieurs et employés qui, créent à leur poste des objets ou des œuvres, sur leur temps de travail et avec les outils de l’usine. Cette pratique, clandestine mais tolérée, porte un nom : le travail en perruque.
Pour les ouvriers, c’est un geste de révolte et une manière de renouer avec un savoir-faire. Presse-papiers, cendriers, jouets, outils, boîtes à couture… les ouvriers façonnent des objets du quotidien, mais aussi de véritables objets d’art. Les secrétaires-dactylographes se servent des machines à écrire et, plus tard, des ordinateurs, pour taper des tracts. Les ingénieurs et les cadres, quant à eux, utilisent les machines à commande numérique de l’usine pour créer des sculptures abstraites à partir des esquisses sur papier. Les œuvres sont aussi multiples que les métiers sur l’île Seguin.
Le pont Daydé, qui enjambe la Seine depuis 1928, doit son nom à l’entreprise Daydé & Pillé, qui l’a construit pour relier l’Île Seguin au quai Georges-Gorse. Il mène au pied d’une œuvre de l’artiste plasticienne Chloé Quenum.
Installée sur l’esplanade où se rassemblaient autrefois les ouvriers des usines Renault, cette sculpture belvédère, La Folie de l’Île Seguin, évoque directement le travail en perruque. Le toit assemble des reproductions de pièces de voitures Renault, fabriquées avant la fermeture de l’usine.
Cette dentelle mécanique s’illumine à l’occasion de dates marquantes de l’histoire du site, choisies par celles et ceux qui ont travaillé en ces lieux, pour refléter la diversité de leurs vécus :